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Mot du Porteur de projet, Max Lobé

©GuillaumeMegevand

Elle est passée, l’époque de la boîte aux lettres pleine de ces petites enveloppes-trésors aux bords ornés de hachures bleues, blanches et mille autres couleurs. C’est passé ! Elle est révolue cette époque où l’on pendait la langue pour humidifier la bande adhésive d’une enveloppe. On y avait glissé une lettre. Une lettre manuscrite.

C’est fini tout ça. Maintenant c’est l’écran, c’est Messenger, c’est WhatsApp, Selfie. “Everyone get his spotlight ! “, constate mon frère Baloji dont j’aime beaucoup la musique – un appel à dodeliner des épaules, mais surtout la puissance évocatrice des images dans ses vidéogrammes.

Aujourd’hui, c’est le COURRIEL!

Les échanges ici rendus, je les ai lus sur écran de téléphone, puis sur écran d’ordinateur. Je les ai imprimés une fois pour en avoir une compréhension concrète, malléable. Pas virtuelle. J’ai dû les imprimer une deuxième fois, je crois. C’était pour avoir une autre copie au cas où…; on ne sait jamais! Ces échanges ne sont pas le fruit d’une carte blanche. J’ai vaguement orienté les discussions en prenant en considération les sensibilités de chacun-e des participant-e. Anne-Sophie Subilia devait correspondre avec Ali Richard et Lolvé Tillmanns avec Miss Bangala. C’est comme ça…

La correspondance livrée ici est presque authentique. Après avoir pensé retravailler ou plutôt éditer ces échanges, je me suis vite mis un morceau de gombo bien gluant sous le talon. Aussi ai-je décidé de conserver la spontanéité de ces discussions écrites. J’ai voulu ainsi laisser apparaître combien la forme du courriel a profondément modifié notre manière d’écrire, d’échanger, de partager nos connaissances, nos petits riens quotidiens.

J’ai aimé voir les personnalités (des personnages?) se dessiner puis se cristalliser peu à peu dès les premiers courriels et tout au long de la correspondance.

Je vous souhaite un bon voyage entre Genève (ou plus précisément Genève, Lausanne) et Kinshasa.

Max Lobé

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Introduction

La première édition du projet Genève-Africa (Kinshasa) a démarré en juin 2019.

Les auteurs sont divisés en binômes. Le projet attend d’eux qu’ils se lancent dans un échange épistolaire (via courriels). L’idée n’est pas d’orienter les échanges entre eux. Elle n’est pas non plus de leur laisser carte blanche.

Ils devront raconter leur ville, ses bruits, ses couleurs. Leur journée, les petits riens quotidiens qui les marquent en tant qu’écrivain. Les auteurs devront échanger sur leurs questionnements aussi bien en matière d’écriture, qu’au sujet des événements socio-politiques majeurs qui animent leur environnement.

Le rendu de ces échanges sera fera sous forme de lecture publique, d’une part à la Fête du livre de Kinshasa en février 2020, et d’autre part au Salon du livre de Genève en octobre 2020.

Une brochure sera également imprimée.

Le choix de l’échange épistolaire n’est pas seulement fait pour des raisons pratiques. En effet, en optant pour l’épistolaire, nous comptons contribuer à redorer le blason de ce genre littéraire quelque peu oublié.

Vous pouvez dès aujourd’hui lire la correspondance en ligne :
Missy M. Bangala et Lolvé Tillmanns
Richard Ali A. Mutu et Anne-Sophie Subilia